Voyager longtemps en famille fait rêver… mais fait aussi peur
Partir plusieurs mois sur les routes du monde avec ses enfants peut sembler, au premier abord, complètement irréaliste. Entre l’école, le travail, le budget ou encore toutes les démarches administratives, beaucoup de familles pensent que ce type de projet est réservé à quelques aventuriers ou à des personnes qui ont choisi de vivre autrement.
Et pourtant, de plus en plus de parents choisissent aujourd’hui de partir en voyage en famille pendant plusieurs mois, que ce soit pour une année sabbatique, un tour du monde ou simplement une parenthèse différente. Ce n’est pas forcément une fuite ou une rupture radicale avec sa vie d’avant. Pour beaucoup, c’est surtout l’envie de ralentir, de passer plus de temps ensemble et de sortir un peu du pilote automatique du quotidien.
Mais malgré cette envie, une question revient presque toujours :
Peut-on vraiment voyager plusieurs mois avec des enfants… sans faire une énorme erreur ?
Pourquoi l’idée de partir avec des enfants fait autant hésiter
Quand on imagine un long voyage en famille, les doutes arrivent vite.
On pense immédiatement à l’école, au budget, à la sécurité, à l’organisation, à la fatigue ou encore à la réaction des proches. Et plus le projet devient concret, plus ces questions prennent de la place.
Parce qu’au fond, partir seul est déjà une décision importante. Mais partir avec des enfants donne tout de suite l’impression d’avoir une responsabilité immense sur les épaules.
On se demande forcément :
- si les enfants vont réussir à s’adapter,
- s’ils ne vont pas perdre leurs repères,
- s’ils vont souffrir du changement,
- ou même si nous-mêmes allons tenir sur la durée.
Et derrière toutes ces questions, il y a souvent une peur plus profonde : celle de se tromper.
Nous aussi, avant de partir, on avait peur de beaucoup de choses.
Peur de l’inconnu. Peur de ne pas réussir à gérer l’école des enfants. Ou encore peur des navigations, de la météo, des imprévus… et parfois même simplement peur de savoir si on était capables de tenir sur la durée.
Pourtant, malgré tous ces doutes, une chose était claire dans notre tête : on avait envie de voyager et de découvrir le monde avec nos enfants. Leur offrir une enfance riche en découvertes, en souvenirs et en expériences vécues ensemble.
Le début n’a pas été aussi simple qu’on l’imaginait
Avec le recul, le plus difficile n’a pas forcément été ce qu’on imaginait avant le départ.
Le vrai changement, ça a surtout été d’apprendre à vivre tous les quatre quasiment 24h/24.
Parce qu’un long voyage en famille, ce ne sont pas des vacances. Chacun doit trouver sa place dans ce nouveau quotidien. Les enfants doivent comprendre qu’il y a toujours des règles, qu’il y a de l’école, des responsabilités, des moments plus calmes aussi.
Au début, il faut presque recréer un nouvel équilibre familial.
Dans notre cas, les premiers mois se sont passés au port, le temps de préparer le bateau avant le grand départ. Et finalement, cette période nous a probablement aidés à nous adapter progressivement à cette nouvelle vie.
On pouvait encore facilement aller à terre, garder certaines habitudes et prendre doucement nos repères avant les premières vraies navigations et la vie au mouillage, qui demande une organisation complètement différente.
Petit à petit, chacun a trouvé son rythme.
Et avec le temps, on s’est rendu compte que les enfants s’adaptent souvent beaucoup mieux qu’on ne l’imagine au départ.
Les enfants s’adaptent souvent mieux que les adultes
C’est probablement une des choses qui nous a le plus surpris pendant ce voyage.
Avant de partir, on avait peur que les enfants perdent leurs repères. Et finalement, on s’est rendu compte qu’ils étaient souvent capables de s’adapter beaucoup plus vite que nous.
Très rapidement, ils ont commencé à créer leurs propres habitudes dans cette nouvelle vie.
Au port, ils se sont par exemple liés d’amitié avec notre voisin de ponton et passaient du temps à bricoler avec lui. Notre fils a même fabriqué une petite maquette de bateau en bois. Ce sont des moments très simples… mais probablement parmi ceux dont ils se souviendront le plus longtemps.
Il y avait aussi toutes ces petites choses du quotidien qui les rendaient heureux : les promenades presque quotidiennes à la plage, même en hiver, le fait de pouvoir courir, jouer ou creuser dans le sable sur des plages quasiment désertes.
Évidemment, tout n’a pas toujours été simple.
L’organisation de l’école demande un temps d’adaptation, autant pour les enfants que pour le parent qui fait l’école au quotidien. Il faut trouver un rythme, comprendre comment chacun fonctionne et accepter aussi que certaines journées soient moins productives que d’autres.
Mais avec le temps, on a vraiment réalisé que les enfants ont souvent une capacité d’adaptation assez impressionnante. Bien plus qu’on ne l’imaginait avant de partir.

Voyager en famille, ce n’est pas des vacances permanentes
C’est important de le dire honnêtement.
Sur les réseaux sociaux, on voit souvent des images magnifiques : plages paradisiaques, couchers de soleil, enfants qui jouent dans l’eau… et forcément, ça peut donner l’impression que voyager longtemps en famille ressemble à des vacances permanentes.
La réalité est beaucoup plus nuancée.
La charge mentale ne disparaît pas parce qu’on change de pays.
Il faut toujours gérer :
- les repas,
- l’école,
- l’entretien du bateau,
- le rangement,
- les déplacements,
- les imprévus,
- la fatigue,
- et parfois aussi les tensions familiales.
En réalité, on ne s’ennuie jamais.
Le matin, il y a souvent l’école. Ensuite, il faut parfois bricoler, entretenir le bateau ou gérer certaines tâches du quotidien. Et l’après-midi, on profite davantage pour sortir, explorer ou simplement passer du temps ensemble.
Parfois aussi, on reste plusieurs jours au même endroit sans forcément aller à terre tous les jours. Juste pour ralentir un peu, prendre le temps de vivre autrement et souffler un peu du rythme des déplacements.
Cette vie nous apporte aussi une certaine souplesse qu’on n’avait pas avant.
Par exemple, si la météo a été mauvaise pendant la nuit et qu’on a mal dormi à cause du vent ou du bateau qui bouge beaucoup, on peut simplement commencer l’école plus tard le lendemain matin.
Pareil après une soirée entre amis sur un autre bateau, un apéro qui se prolonge ou une soirée cinéma avec un film regardé avec le projecteur à bord.
Il y a toujours un cadre et un rythme… mais beaucoup plus flexible.
Et c’est probablement ça qui change le plus.
On passe beaucoup plus de temps ensemble, avec moins de contraintes imposées par le rythme classique du quotidien. On redécouvre des moments simples qu’on ne prenait plus vraiment le temps de vivre avant.
Au final, ce voyage n’est pas seulement une aventure autour du monde.
C’est aussi une autre manière de vivre en famille pendant un moment.
Entre en rêver… et vraiment partir
Avec le recul, on pense que beaucoup de familles rêvent un jour de voyager longtemps avec leurs enfants.
Mais entre en rêver… et réellement partir, il y a un énorme pas.
Parce qu’un tel projet demande forcément de sortir de ce qu’on connaît et maîtrise depuis des années. Il faut accepter de quitter certains repères, une routine rassurante et parfois même une situation stable pour aller vers quelque chose de beaucoup plus incertain.
Et c’est probablement ça qui fait le plus peur.
Quand on part longtemps voyager en famille, on ne maîtrise pas tout. Il faut réapprendre énormément de choses, retrouver de nouveaux repères et accepter qu’une partie de l’aventure se construira au fur et à mesure.
Au début, c’est parfois déstabilisant.
Mais on se rend aussi compte qu’on est capables de s’adapter beaucoup plus qu’on ne l’imaginait.
Et heureusement, aujourd’hui, il existe aussi énormément de ressources, de retours d’expérience et de familles qui partagent leur vécu. Se sentir accompagné dans certaines démarches ou simplement voir que d’autres familles l’ont fait avant nous aide énormément à rendre le projet plus concret et moins intimidant.
Et si votre projet commençait simplement par une première étape ?
Quand on rêve de partir voyager en famille, le plus difficile est souvent de savoir par où commencer.
C’est justement pour aider les familles qui hésitent encore que nous avons créé un rétroplanning gratuit des 12 mois avant le départ, avec toutes les grandes étapes à anticiper progressivement.
Ce qu’on ne regrette pas aujourd’hui
Avec le recul, on ne se souvient pas seulement des paysages ou des endroits visités.
On se souvient surtout :
- du temps passé ensemble,
- des moments simples,
- des discussions,
- des rencontres,
- et de tous ces souvenirs construits en famille au fil du voyage.
Bien sûr, il y a eu des galères aussi.
Des moments de fatigue, des doutes, des remises en question… et parfois même des périodes beaucoup plus difficiles.
La tempête Rea, qui nous a touchés aux Baléares en août 2023, aurait par exemple pu mettre fin au voyage. Pendant un moment, je me suis vraiment demandé si j’avais encore envie de continuer cette aventure.
Et finalement, on est repartis. Heureusement d’ailleurs.
Parce qu’aujourd’hui, on ne regrette absolument pas notre choix.
Avec le recul, c’est probablement la plus belle chose qu’on ait faite pour nos enfants et pour notre famille.
Ce voyage nous a offert des moments qu’on n’aurait jamais vécus autrement. Des souvenirs qui resteront toute notre vie.
Et surtout, cette aventure nous a appris une chose importante : un voyage en famille ne doit pas être parfait pour être réussi.
Nous avançons ensemble, comme une famille où chacun a son mot à dire. C’est aussi pour cette raison que nous sommes restés une année scolaire en Martinique : notre fille souhaitait faire sa rentrée en 6ème en présentiel avant de repartir vers de nouvelles aventures.
Et toi, qu’est-ce qui te ferait le plus peur avant de partir voyager plusieurs mois avec des enfants ?
Dis-le-nous en commentaire.








Magnifique témoignage de votre grande aventure ! J’adore vous lire franchement. On vit les choses avec vous haha. Mais oui, vivre en famille 24h sur 24 n’est pas toujours une partie de plaisir. Mais apprendre à connaître les autres et à vivre ensemble demande toujours des efforts, sinon tout le monde le ferait sans aucun souci ! En tout cas, je continue à voguer au fil de l’eau avec vous, chère Aurélia 😉