Une parenthèse choisie, sans changer de vie… mais dont on ne revient jamais tout à fait pareil
Depuis que nous vivons en bateau, nous croisons chaque année des dizaines de familles, de couples, parfois même des voyageurs solos.
Leur point commun n’est pas de vouloir “changer de vie”, ni de tout quitter pour toujours.
La majorité des familles sont en voyage pendant une année sabbatique.
Ils partent pour un temps défini.
Un an, parfois un peu plus.
Avec une date de retour déjà posée, un travail qui les attend, une école à retrouver, une vie d’avant qu’ils savent pouvoir reprendre.
Et c’est précisément ce cadre-là qui rend le départ possible.
Partir un an, sans remettre toute sa vie en question
Pour beaucoup, l’année sabbatique est avant tout une envie de voyage, pas un projet de rupture.
Une envie de vivre autre chose, ailleurs, ensemble, sans pour autant renoncer à la sécurité construite au fil des années.
Ce sont souvent des actifs, parfois avec des postes à responsabilités.
Des familles avec enfants, scolarisés, bien intégrées dans leur quotidien.
Ils savent exactement quand ils partent… et quand ils rentrent.
Certains louent leur maison, d’autres la vendent, mais avec une idée claire de ce qu’ils feront ensuite.
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Leur vraie sécurité, ce n’est pas le logement, ni même l’argent.
C’est la certitude de retrouver un travail, et de réinscrire les enfants à l’école à leur retour.
Cette perspective change tout.
Elle rend le projet moins engageant, moins effrayant, plus acceptable pour eux, mais aussi pour l’entourage.
Une expérience souvent pensée comme un “une fois dans une vie”
Sur l’eau, c’est très visible.
La majorité des bateaux que nous croisons sont là pour un tour de l’Atlantique en un an, avec un départ depuis la France vers les Caraïbes, et le retour.
Ils ont souvent préparé ce voyage pendant longtemps.
Parfois, c’est le rêve de l’un des deux dans le couple, et l’autre a accepté de suivre… mais pour un temps limité, bien défini.
L’accord est clair dès le départ : On part un an. Pas plus.
Et ça fonctionne, justement parce que le cadre est posé.
Pour beaucoup de familles, cette année sabbatique est vécue comme une parenthèse précieuse, un temps suspendu à vivre avec les enfants avant qu’ils ne grandissent trop, avant que la vie ne devienne encore plus cadrée.

Ce que cette année change, presque malgré eux
Même lorsque le projet est pensé comme temporaire, l’année sabbatique laisse des traces.
Pas toujours visibles pendant le voyage. Souvent, c’est au moment du retour que cela se révèle.
Certains retrouvent leur vie d’avant avec plaisir. Ils reprennent leur travail, leurs habitudes, le rythme du quotidien, avec un regard plus apaisé. L’année a rempli sa fonction : une parenthèse vécue à fond, sans désir immédiat de prolonger.
Pour d’autres, le retour est plus délicat. Le cadre, les contraintes, la vitesse à laquelle tout reprend peuvent sembler pesants. Non pas parce que la vie d’avant était mauvaise, mais parce qu’un autre rythme a existé. Alors ils ajustent. Ils changent de poste, de lieu de vie, ou commencent à envisager un prochain départ, parfois longtemps après être rentrés.
Dans tous les cas, quelque chose s’est déplacé.
Le rapport au temps n’est plus tout à fait le même.
Les priorités se sont réorganisées.
Et même lorsque la vie reprend son cours, ce n’est plus exactement de la même façon.
Tous ne changent pas de vie… mais tous vivent quelque chose d’extraordinaire
Ce qui rend une année sabbatique si marquante n’est pas la promesse d’un changement de vie, mais l’intensité de ce qui est vécu pendant cette parenthèse.
C’est le temps retrouvé.
Le fait de voir ses enfants grandir au quotidien, sans courir après l’horloge.
Les discussions qui s’étirent, les apprentissages informels, les découvertes partagées.
Le monde qui s’ouvre, lentement, sans programme figé.
C’est aussi l’expérience d’un autre rapport aux choses simples.
Vivre avec moins. Se déplacer autrement. Explorer un lieu en profondeur plutôt que de le traverser.
Créer des souvenirs communs qui ne tiennent pas sur un album photo, mais qui s’ancrent durablement.
Même lorsque l’année sabbatique reste une parenthèse, elle devient un repère.
Un moment fondateur dans une vie de famille.
Une preuve concrète qu’il est possible de vivre autrement, au moins un temps.
Et c’est souvent cette expérience-là, plus que le voyage en lui-même, qui continue d’agir longtemps après.
Parfois jusqu’à donner envie, un jour, de repartir autrement.
L’année sabbatique, avant tout une question de faisabilité
Quand l’idée d’une année sabbatique de voyage commence à faire son chemin, les questions concrètes arrivent très vite.
Pas forcément pour tout organiser dans le détail, mais pour savoir si ce projet est réaliste.
Combien ça coûte réellement ?
Est-ce compatible avec un an de pause professionnelle ?
Est-ce envisageable en famille, sans mettre en danger l’équilibre financier ?
C’est souvent à ce stade que beaucoup renoncent… non pas par manque d’envie, mais par manque de visibilité.
👉 À lire aussi : Quitter son CDI pour changer de vie : 3 options clés
Faire le point, simplement, avant d’aller plus loin
Pour aider celles et ceux qui se posent ces questions, nous avons créé un calculateur de budget basé sur ce que nous vivons et sur ce que nous observons chez les familles en année sabbatique que nous croisons.
L’idée n’est pas de donner une réponse toute faite, mais de permettre de se situer, de tester différents scénarios et de voir si cette parenthèse d’un an est envisageable, ou non, dans votre situation.
👉 Accéder gratuitement au calculateur pour savoir quel budget prévoir pour une année sabbatique de voyage ?
Parce qu’avant de parler de décisions, de logistique ou de retour, il est souvent plus rassurant de commencer par là : savoir si ce rêve d’un an peut, concrètement, trouver sa place dans votre réalité.
Partage ton expérience en commentaire
Si tu as déjà vécu une année sabbatique, en bateau ou autrement, n’hésite pas à la partager en commentaire.
Les expériences des uns et des autres permettent souvent de se projeter, de relativiser ses peurs et de mieux comprendre ce que cette parenthèse peut réellement apporter.








Ton article me parle particulièrement. Après les confinements, après avoir vécu à un tout autre rythme, j’ai eu du mal à me réadapter à la vie quotidienne classique et à courir après le temps. J’ai ressenti le besoin de faire une pause pour retrouver ce rythme si lent qui m’avait convenu. Je ne suis pas partie un an…j’ai pris juste 6 mois! Mais déjà! Que de souvenirs! Les enfants m’en parlent toujours! Et l’envie est là : j’aimerais pouvoir recommencer!
Merci pour ton message !
Ce décalage après avoir goûté à un autre rythme est très parlant, et tu mets des mots très justes dessus.
Six mois, ce n’est “juste” que sur le papier : ce sont déjà des souvenirs forts, surtout pour les enfants… et souvent une envie qui reste bien vivante.
Merci de l’avoir partagé ici.
Une année sabbatique doit être très enrichissant … plus de liberté, des liens familiaux renforcés et la preuve qu’on peut changer de vie sans tout sacrifier, bien au contraire. 😉
Merci Cindy.
C’est souvent une expérience qui marque profondément, et qui laisse une trace bien au-delà du voyage.
Merci pour cet article qui fait rêver. Pouvoir s’octroyer cette parenthèse choisie en famille est sûrement une belle occasion de se retrouver, se reconnecter à soi, aux autres et au monde.
Merci pour ton message !
Ces parenthèses laissent souvent une empreinte durable, bien au-delà du temps du voyage.