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Comment Sandra, Gabriel et leurs 2 enfants ont vendu maison et entreprise pour vivre une nouvelle vie au fil de l’eau.
De plus en plus de familles sautent le pas chaque année pour changer de vie… et voyager !
A travers ce podcast, tu vas découvrir l’histoire de Sandra et Gabriel qui nous racontent avec sincérité leur changement de vie, dont le voyage en bateau n’est que le prélude…

De l’achat du bateau au grand départ, en passant par la transatlantique, sans oublier la scolarité et l’organisation à bord, ils nous livrent leurs émotions avec une décontraction déconcertante (ils sont plus à l’aise que moi au bout du micro 😎)
Encore MERCI à nos amis Sandra et Gabriel pour leur participation !

Pour les intéressés, leur beau bateau, un catamaran Bali 4.2 est à la vente. N’hésitez pas à consulter l’annonce de vente en cliquant sur la photo !
Et maintenant, la transcription de l’interview, agrémentée de liens à cliquer pour en savoir plus :
Épisode 05 — Interview de Sandra & Gabriel, une famille partie en bateau
Jonathan :
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Changer de Vie et Voyager.
Aujourd’hui on enregistre depuis un mouillage à Saint-Vincent-les-Grenadines, dans les Caraïbes. On accueille des amis qu’on connaît bien : Sandra et Gabriel, sur leur catamaran Aquilon, un Bali 4.2.
Bonjour à vous deux !
Sandra : Bonjour Jonathan.
Gabriel : Bonjour !
Présentation rapide
Jonathan : Pouvez-vous vous présenter rapidement, vous et votre famille ?
Sandra :
Moi c’est Sandra, j’ai 51 ans. Gabriel, mon mari, a 47 ans.
On a deux enfants : Cloé, 13 ans, et Milo, 7 ans.
Jonathan : Vous êtes partis quand, à peu près ?
Sandra :
On est partis en août 2024. Ça fait environ 15 mois qu’on est en mer en famille.
La vie d’avant et le déclic
Jonathan :
On a envie que vous nous racontiez le grand changement : le déclic, la préparation, la vie en mer.
D’abord, la vie d’avant. Gabriel, tu peux nous en parler ?
Gabriel :
Avant, on gérait une société de logistique tous les deux. Une vie très classique en France : semaine de boulot, week-ends, rythme standard.
On ne parlait jamais de bateau. Et un jour, un ami m’a invités au salon du yachting de Cannes. Là, on découvre le monde de la voile, surtout les catamarans : habitables, confortables… et on se dit qu’on pourrait se projeter en grand voyage en famille. C’est parti de là.
Jonathan : À quel moment vous avez commencé à en parler sérieusement ?
Gabriel :
Le déclic date vraiment de ce jour-là, en septembre 2020. On n’en avait jamais parlé avant. En fin de journée, c’était évident.
Jonathan : Combien de temps entre la première idée et le départ réel ?
Gabriel :
Idée en septembre 2020, départ en août 2024.
Pour connaître notre histoire, c’est par ici :
Tout quitter pour vivre autrement -le début de notre histoire vraie-
Réaction des proches
Jonathan : Comment vos proches ont réagi quand vous avez annoncé ça ?
Gabriel :
Ils ont été très surpris. Pour eux c’était impensable : “Un bateau ? Mais vous ne faites pas de bateau !”.
Au début certains n’y croyaient pas, pensaient que c’était une lubie. Puis, en voyant le projet avancer, ils ont compris qu’on était sérieux.
Ils nous posaient plein de questions : si on allait faire une chaîne YouTube, si on allait revenir, comment on allait faire avec les enfants…
Côté famille, réactions différentes selon nos deux familles, mais globalement : “c’est votre vie”. Leur principale peur, c’était la sécurité et le naufrage.
Quand on leur explique qu’on navigue en mode familial, prudent, qu’ils peuvent nous suivre grâce à Internet, ça rassure beaucoup.
Aujourd’hui ils sont contents pour nous et heureux de suivre le voyage.
Les préparatifs : vendre et basculer dans le projet
Jonathan :
Un tel changement implique beaucoup de préparation : achat du bateau, vente maison, entreprise, école… Comment ça s’est passé concrètement ?
Gabriel :
Nos priorités ont été claires :
- vendre la société pour se libérer complètement,
- vendre la maison.
On ne voulait ni gérance, ni location : on savait qu’on ne reviendrait pas vivre là où on était.
Ensuite on a géré la scolarité des enfants, avec un départ prévu en fonction de la rentrée.
Jonathan :
Mais votre futur “chez-vous”, le bateau, vous l’aviez déjà ?
Gabriel :
Oui. On ne partait pas pour “la vie” sur le bateau : on s’était fixé deux ans d’aventure, sans pression.
On savait qu’avec les enfants, surtout l’aînée qui grandit, on aurait probablement un retour à terre pour la vie sociale.
Jonathan : Vous saviez déjà naviguer ?
Gabriel :
Non. Dès qu’on a pu, on a acheté un bateau et on a appris petit à petit.
Jonathan : Et tout ça, ça s’est fait quand ?
Gabriel :
Déclic en septembre 2020.
En février 2021, on signe pour le bateau. En juillet 2021, on l’a. Il était en location, donc on y allait dès qu’on pouvait pour apprendre et se former.
Jonathan : À ce moment-là, vous étiez sûrs à 100 % de partir ?
Gabriel :
C’était notre ligne de mire, avec une date de départ en 2024.
Entre 2021 et 2023, on apprend la voile, on plonge dans le milieu. On n’était pas encore certains que ça irait au bout.
Mais dès qu’on a lancé la vente de la société, là on était sûrs. C’était environ un an avant le départ.
Jonathan :
Nous, on a trouvé cette période très lourde mentalement, tout arrive en même temps. Qu’est-ce qui a été le plus dur pour vous ?
Gabriel :
Moi je gère étape par étape, donc je ne l’ai pas vécu comme une montagne. Je n’ai pas eu la boule au ventre.
Le moment particulier, c’est quand on quitte définitivement la maison et qu’on part vivre sur le bateau deux jours après. Là, émotion forte.
Sandra a sûrement une autre vision.
Sandra :
Au début ça va : la date est loin. Puis plus ça approche, plus on panique un peu.
On a énormément de choses à faire, et on ne sait pas combien de temps certaines vont prendre, surtout vendre une maison.
Il y a aussi le tri de toute une vie, et les détails de dernière minute : quand emballer le grille-pain, quand vendre les lits…
Une fois la vente de la société confirmée, on s’est consacré à 100 % à la maison. C’est très chronophage.
Et comme on voulait respecter la date, j’ai eu une vraie montée de pression sur la fin.
Tu ne sais pas par où commencer, où donner de la tête ?
Découvre les 7 étapes pour réussir ton départ
Moments excitants avant le départ
Jonathan :
Les préparatifs sont remplis d’émotions. Vous avez un moment excitant qui ressort ?
Sandra :
Le jour où on a reçu le bateau. J’avais hâte de tout découvrir, d’ouvrir les placards, de voir les détails.
C’était la première pierre concrète du projet. Et ça nous permettait de nous former et de vivre déjà une semaine à bord tous les quatre.
Jonathan :
Et toi Gabi ?
Gabriel :
Le jour de la livraison, j’étais malade en traversant depuis la Tunisie avec un skipper, donc pas la même sensation que Sandra.
Mon vrai moment fort, c’est la première sortie du port de Hyères seuls, juste nous quatre.
Premier mouillage à l’Estagnole, à Bormes-les-Mimosas. On jette l’ancre correctement, on dort à bord, c’était l’anniversaire de Sandra, personne autour, beau temps.
Là je me suis dit : “Ok, c’est concret. On sait faire.”
Les enfants pendant les préparatifs
Jonathan : Comment Cloé et Milo ont vécu cette période ?
Sandra :
Ils étaient excités pour les semaines sur le bateau, mais les enfants sont très ancrés dans le présent.
Même en en parlant beaucoup, ils réalisent difficilement ce que ça veut dire “partir dans un an”.
Le moment le plus difficile pour eux, c’est la fin d’année scolaire et dire au revoir aux amis.
On a fait en sorte que chacun organise une grande fête d’au revoir. Ça a vraiment marqué la transition.
Les maîtresses, les parents, les copains… beaucoup d’émotion. C’est là qu’ils ont compris que ça devenait réel.
Jonathan : Ils avaient quel âge à ce moment-là ?
Sandra :
Cloé avait 11 ans, Milo 6 ans.
Jonathan :
Si tu avais un conseil à donner aux familles pour aider les enfants à partir ?
Sandra :
Pour les ados, le lien social est énorme. Il faut les rassurer : contact possible grâce à la technologie, temps pour dire au revoir comme ils veulent.
Cloé a eu une soirée ciné autonome avec ses amis, puis une grande fête.
Pour Milo, on a essayé de garder un contact avec la classe via Instagram, avec la maîtresse. Ça s’est un peu essoufflé, mais au début ça l’a aidé.
Aujourd’hui il a gardé contact avec plusieurs camarades.
Les enfants sont au coeur du projet et nécessitent de les y préparer :
Apprends comment en cliquant ici !
La vie à bord aujourd’hui
Jonathan :
Vous vivez à bord. À quoi ressemble une journée type pour vous ?
Sandra :
On a une nouvelle routine.
Le matin est consacré à l’école : petit déjeuner en famille, puis école vers 8h jusqu’à 11h30 / midi.
Après le déjeuner, parfois Cloé fait une heure de plus. Milo ne fait jamais l’après-midi.
L’après-midi on profite : balades, nage, jeux avec les copains, plongée, paddle, exploration.
Jonathan : Ils sont dans quelles classes ?
Sandra :
Milo est en CE2, Cloé en quatrième.
Jonathan : Faire l’école seulement le matin, ça suffit pour suivre le programme ?
Sandra :
Oui. Au début j’étais inquiète, mais toutes les familles nous ont rassurés.
Les enfants en voyage gardent un bon niveau et réintègrent facilement l’école si besoin.
En trois heures le matin, Milo avance bien sur français, maths, sciences.
Pour Cloé, il y a plus de matières, donc elle fait plutôt 4h / 4h30. Elle a eu besoin d’aide pour s’organiser la première année, et maintenant c’est fluide.
Jonathan : Et si un enfant est fatigué ou pas motivé ?
Sandra :
Ça arrive. Si c’est de la fatigue, on allège.
Si c’est juste une baisse d’envie, on réaménage ou on décale.
On peut faire école du lundi au samedi, dimanche repos fixe.
Jonathan : Vous faites l’école comment, en couple ?
Sandra :
Je gère surtout l’école. Si besoin Gabriel prend un enfant.
Lui profite du temps d’école pour inspecter et bricoler le bateau.
L’école est un des points angoissants pour beaucoup de famille.
Et si on t’aidait à y voir plus clair ? Explore l’article Scolarité en voyage: Comment gérer?
“Ce n’est pas des vacances”
Jonathan : Est-ce que cette nouvelle vie vous plaît ?
Sandra :
Oui, beaucoup.
Mais ce n’est pas comme je l’imaginais : je pensais que ça ressemblerait à des vacances.
Je m’étais dit que je lirais, dessinerais… et pas du tout.
Gabriel :
Moi je savais que ce ne serait pas des vacances.
Mais je suis surpris aussi : j’ai une bibliothèque de livres à bord, je n’ai pas lu une page.
Le quotidien est dense. On est sur le qui-vive en bateau.
Je suis devenu “expert météo” : mon objectif est d’être au bon endroit au bon moment pour la sécurité et le confort de tous.
Ce qui manque de la vie d’avant
Jonathan : Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous manque ?
Sandra :
À part le fromage… un petit moment à soi.
Marcher seule, lire au calme, méditer, prendre un café entre amies.
Ce n’est plus possible au quotidien, même si on peut le faire ponctuellement.
Sinon, rien.
Gabriel :
Moi j’aime naviguer la nuit : seul à la barre, tout le monde dort.
Le côté famille/amis peut peser parfois, mais on a une date de retour, et ça apaise.
Les plus beaux souvenirs et les escales marquantes
Jonathan : Quelle a été votre plus belle escale ou votre meilleur souvenir ?
Sandra :
Le départ pour la transat au Cap-Vert.
Énorme excitation, mais aussi des peurs, surtout pour les enfants.
Gabriel :
Gibraltar, la transat… et en Caraïbes : Tobago, gros coup de cœur.
On a aussi adoré Antigua, Barbuda, les BVI, Tobago Cays, Bequia, Saint-Barth.
Le voyage crée des liens et des souvenirs qui marqueront ta famille à jamais !
On t’en parle ici : Réussir sa vie en famille : créer des souvenirs qui durent
Les moments difficiles
Jonathan : Un moment où ça a été vraiment dur ?
Sandra :
La traversée de nuit entre Grenade et Trinidad, dans une zone touchée par la piraterie.
Même avec des bateaux copains et des procédures, j’ai eu très peur pour la famille.
Je n’ai pas dormi, j’étais en vigilance totale.
Gabriel :
Finalement tout s’est bien passé.
On choisit bien nos fenêtres météo et on évite de se mettre en danger.
Jonathan : Les enfants le sentent ? Vous en parlez ?
Gabriel :
On n’en discute pas avec eux.
On les prépare quand ça bouge, mais on ne leur met pas le stress.
L’avenir et le bilan
Jonathan : Vous étiez partis pour combien de temps ?
Gabriel :
Deux ans environ.
Jonathan : Et la suite ?
Gabriel :
Vendre le bateau et rentrer en France.
On n’est pas partis fâchés avec la France, on aime notre pays.
On va créer une nouvelle vie, pas refaire l’ancienne.
Sandra :
Aucun endroit ne nous a donné envie de nous installer.
Les enfants sont très heureux de rentrer pour retrouver l’école et les copains.
Le message aux auditeurs
Jonathan : Qu’est-ce que vous diriez à ceux qui rêvent de partir ?
Sandra :
Foncez, faites-vous confiance, et tout ira bien.
Gabriel :
Foncez, oui, mais sans idéaliser : un grand voyage en famille, ce n’est pas des vacances.
Il faut être prêts à gérer le quotidien et les galères.
Mais tout vaut le coup quand on est avec les gens qu’on aime.
Conclusion
Jonathan :
Merci Sandra et Gabriel pour votre sincérité.
On vous souhaite plein de réussite pour la vente du bateau et la suite à terre.
On continue à vous suivre et on se dit à bientôt.
Sandra : Merci Jonathan, au revoir.
Gabriel : Merci beaucoup, super moment avec toi. On vous souhaite plein de courage et plein d’abonnés pour la suite !
Jonathan :
Merci à vous.
Cet interview touche à sa fin. Abonne-toi pour ne pas rater les prochains épisodes .
C’était Jonathan, avec Sandra et Gabriel, depuis Saint-Vincent-les-Grenadines. Ciao !



