Résidence fiscale et voyage : que se passe-t-il après 6 mois à l’étranger ?
Après 6 mois à l’étranger, votre résidence fiscale ne change pas automatiquement. Vous restez résident fiscal français si votre foyer, votre activité principale ou votre centre des intérêts économiques sont en France. Vous devez alors continuer à déclarer vos revenus mondiaux en France.
Vous restez résident fiscal français si :
- Votre conjoint ou vos enfants vivent en France
- Votre activité professionnelle principale est en France
- Vos principaux revenus sont générés en France
- Votre patrimoine est majoritairement en France
👉 La règle des 183 jours ne suffit pas à elle seule.
(Je sais… c’est LA phrase qu’on lit partout sur Internet… même qu’on ne sait pas vraiment ce que ça signifie vraiment…). Voyons voir ça :
On entend souvent dire :
“Au bout de 183 jours à l’étranger, on n’est plus résident fiscal français.”
En réalité, ce seuil est utilisé dans certaines conventions fiscales internationales pour départager deux pays.
En France, ce n’est pas la durée qui prime, mais :
- le foyer,
- l’activité principale,
- le centre des intérêts économiques.
Autrement dit : ce n’est pas une minuterie qui détermine votre résidence fiscale.
C’est votre centre de vie réel.
Pourquoi la résidence fiscale et le voyage sont souvent mal compris
Quand on prépare un tour du monde ou une année sabbatique, on pense :
“Je ne vis plus en France, donc je ne paie plus en France.”
Logique dans la tête.
Moins logique pour l’administration fiscale.
Changer de pays est simple.
Changer de résidence fiscale, un peu moins.
👉 Pour comprendre l’ensemble des impacts administratifs, lire aussi :
Que devient notre statut administratif quand on voyage ?
🇫🇷 Les critères précis de la résidence fiscale française
Vous êtes considéré comme domicilié fiscalement en France si au moins un des critères suivants est rempli.
Un seul suffit.
Votre foyer est en France
Lieu où vous vivez habituellement, où vit votre conjoint, où vivent vos enfants.
Votre séjour principal est en France
Si vous y passez plus de 183 jours par an ou la majorité de votre temps.
Votre activité professionnelle principale est en France
Même si vous voyagez régulièrement.
Le centre de vos intérêts économiques est en France
Lieu où vous percevez vos principaux revenus, où se trouvent vos investissements et votre patrimoine.
Ce n’est pas une question de durée.
C’est une question de centre de gravité économique.
Si vous voyagez mais restez résident fiscal
Dans ce cas :
- Vous continuez à déclarer vos revenus chaque année.
- Vous êtes imposable sur vos revenus mondiaux.
- Vous restez dans le système fiscal français classique.
Même si vous travaillez depuis une plage…
le fisc regarde vos flux financiers, pas votre décor 😉
Quand devient-on réellement non-résident fiscal ?
Vous devenez non-résident fiscal si vous transférez réellement :
- votre centre de vie,
- votre activité principale,
- votre centre d’intérêts économiques.
Ce n’est pas “je pars un an et on verra”.
C’est un basculement cohérent et durable, qu’il faudra justifier.
Non-résident fiscal : quels impôts payez-vous encore ?
Même non-résident, vous restez imposable en France sur vos revenus de source française :
- Loyers d’un bien situé en France
- Revenus d’une entreprise française
- Pensions françaises
Les revenus étrangers ne sont plus imposés en France (sauf conventions fiscales).
En résumé :
si l’argent vient de France…
le fisc ne vous oublie pas.
👉 Et au-delà des impôts, le statut fiscal peut aussi impacter vos aides.
Parce que quand on change de résidence, ce n’est pas seulement le fisc qui s’intéresse à votre situation…
Pour tout comprendre sur la CAF en cas de départ long :
CAF et voyage de plus de 3 mois
Taux d’imposition des non-résidents
Les non-résidents sont soumis à un taux minimum :
- 20 % jusqu’à 29 315 €
- 30 % au-delà
Ce n’est pas 30 % sur tout le revenu.
C’est 30 % uniquement sur la part au-dessus du seuil.
Mais il existe une autre option méconnue…
Le taux moyen pour les non-résidents : pourquoi déclarer plus peut parfois faire payer moins
Quand vous devenez non-résident fiscal, vos revenus de source française ne sont plus imposés comme ceux d’un résident.
Comme on l’a vu un peu plus haut, par défaut, l’administration applique un taux minimum :
- 20 % jusqu’à 29 315 € puis 30 % au-delà.
Ce taux s’applique même si vos revenus ont fortement diminué après votre départ.
Et c’est souvent là que la surprise arrive.
Parce que partir voyager, changer de vie ou lancer une nouvelle activité signifie parfois… gagner moins.
Pourquoi parler de vos revenus étrangers ?
À première vue, cela semble étrange.
Pourquoi déclarer vos revenus étrangers si la France ne les impose plus ?
La réponse est simple :
👉 ils servent uniquement à mesurer votre capacité contributive réelle.
Ils ne sont pas imposés une seconde fois en France.
Comment fonctionne réellement le taux moyen ?
L’administration fiscale fait deux calculs.
1) L’Administration calcule votre impôt comme si vous étiez résident fiscal français
Elle prend en compte :
- vos revenus français,
- vos revenus étrangers.
Elle applique ensuite le barème progressif classique.
Cela permet d’obtenir un taux d’imposition correspondant à votre situation réelle, comme si vous étiez résident, dont voici le barême applicable :
Barème applicable pour résident français (impôt 2025)
👉 Pour 1 part de quotient familial.
| Fraction du revenu net imposable | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 11 497 € | 0 % |
| De 11 498 € à 29 315 € | 11 % |
| De 29 316 € à 83 823 € | 30 % |
| De 83 824 € à 180 294 € | 41 % |
| Plus de 180 294 € | 45 % |
2) L’Administration applique ensuite ce taux uniquement aux revenus français
Vos revenus étrangers ne sont pas taxés en France. Ils servent uniquement de référence pour calculer un pourcentage.
Pour que cela soit bien clair, prenons un exemple concret
Imaginez :
Avant votre départ :
- salaire en France : 60 000 €.
Après votre départ :
- loyers en France : 40 000 €,
- revenus étrangers : 5 000 € seulement.
Sans le taux moyen :
👉 vos loyers sont imposés au minimum à 20 % (jusqu’à 29’315 euros) puis 30 %
Donc pour 40 000 € :
29 315 x 20 % = 5 863 €
10 685 x 30 % = 3 205 €
Impôt total = 9 068 €
➡️ Taux effectif ≈ 22,7 %
Avec le taux moyen :
L’administration regarde votre situation réelle :
40 000 € perçus en France + 5 000 € perçus à l’étranger = 45 000 €.
Elle applique le barème progressif français.
Le taux réel peut ressortir autour de 10 à 12 % selon votre situation familiale.
👉 Ce taux est ensuite appliqué uniquement aux revenus français.
Résultat : 40 000 × 12 % = 4 800 €.
👉 9 068 € contre 4 800 € 👈
Y a pas photo, presque deux fois moins d’impôt !!
Pourquoi cela existe ?
Parce que le taux minimum protège l’administration.
Mais le taux moyen permet d’éviter une situation injuste :
payer comme un haut revenu… alors que votre niveau de vie a changé.
Attention : ce n’est pas toujours avantageux
Si vous gagnez beaucoup à l’étranger :
- salaire élevé,
- activité prospère,
- expatriation bien rémunérée,
le taux moyen peut devenir supérieur à 20 %.
Dans ce cas, il ne sera pas appliqué.
Bonne nouvelle :
👉 l’administration applique uniquement le calcul le plus favorable lorsque vous en faites la demande.
Comment demander le taux moyen ?
Lors de votre déclaration :
- indiquez vos revenus mondiaux,
- fournissez les justificatifs si demandés.
Le calcul est ensuite automatique.
Ce qu’il faut retenir sur le taux d’imposition d’un non-résident :
Le taux minimum est un forfait.
Le taux moyen cherche à refléter votre vraie situation.
Et quand on change de vie… ce n’est pas forcément un détail.
⚖️ Le texte de loi précis qui en parle :
👉 Article 197 A du Code Général des Impôts.
Texte clé :
« Toutefois, lorsque le contribuable justifie que le taux de l’impôt français sur l’ensemble de ses revenus de source française ou étrangère serait inférieur à ces minima, ce taux est applicable à ses revenus de source française. »
Traduction simple :
Si le calcul normal de l’impôt sur tous vos revenus donne un taux plus faible que 20 % ou 30 % :
👉 ce taux plus faible s’applique à vos revenus français.
Sources officielles
- Impôts.gouv : calcul du taux moyen basé sur revenus mondiaux
- BOFiP (doctrine fiscale) : application du taux moyen si inférieur au minimum
Vais-je payer des impôts sur un salaire que je n’ai plus ?
C’est la vraie peur.
Quand on part :
- on quitte parfois son emploi,
- on réduit ses revenus,
- on change de rythme.
👉 Pas de revenu = pas de prélèvement.
⚠️ Mais attention au taux
Votre taux est basé sur vos anciens revenus.
Si vous passez de 45 000 € à 8 000 €, le taux peut sembler élevé au début.
Ce n’est pas une punition.
C’est un décalage.
Vous pouvez demander une modulation.
L’année de transition : le décalage à anticiper
L’année où vous partez :
- le prélèvement continue,
- l’ajustement arrive l’année suivante,
- le remboursement éventuel aussi.
Oui… l’administration est souvent plus rapide pour prélever que pour rembourser 😉
Mais entre mi-juillet et fin août, le remboursement peut avoir un petit air de Noël pour votre compte en banque.
Résidence fiscale et travail à distance
Si vous avez :
- un blog,
- une activité freelance,
- une société,
la question centrale reste :
👉 Où est situé votre centre d’intérêts économiques ?
👉 Où sont vos clients ?
C’est cela que l’administration regarde.
👉 À lire aussi :
Pourquoi avoir un travail à distance avant de partir voyager
En clair
Changer de pays ne suffit pas toujours à changer de statut fiscal.
En matière de résidence fiscale et de voyage, ce sont les faits (votre foyer, vos revenus, votre centre de vie) qui déterminent réellement votre situation.
La liberté ne consiste pas à ignorer les règles.
Elle consiste à les comprendre pour voyager l’esprit léger.
FAQ – Résidence fiscale et voyage
Est-ce que je deviens non-résident après 6 mois à l’étranger ?
Non. La durée seule ne suffit pas. Le foyer, l’activité principale et le centre des intérêts économiques sont déterminants.
Vais-je payer des impôts sur un salaire que je n’ai plus ?
Non. Sans revenu, pas de prélèvement. Mais votre taux peut rester basé sur vos anciens revenus jusqu’à régularisation.
Puis-je baisser mon taux de prélèvement à la source ?
Oui. En cas de baisse importante de revenus, vous pouvez demander une modulation.
Comment est calculé l’impôt d’un non-résident ?
Taux minimum de 20 % jusqu’à 29 315 € et 30 % au-delà, avec possibilité d’opter pour le taux moyen.
Que se passe-t-il l’année de mon départ ?
Il peut y avoir un décalage entre prélèvement et impôt réel. La régularisation intervient l’année suivante.







